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Aperçu : la dépression et son traitement

April 23, 2023 · 5 min de lecture

La plupart d’entre nous connaissent une personne, ou comptent un proche, qui souffre d’anxiété, de dépression ou d’une perte d’intérêt pour la vie. Nous sommes peut-être même cette personne. Peut-être que tout a commencé par des circonstances et qu’avec l’aide de la famille, des amis, d’une thérapie et d’un caractère résilient, nous avons pu nous en sortir. D’autres, cependant, n’ont pas cette chance. Plus une personne reste déprimée longtemps, plus sa dépression risque de devenir ce que l’on appelle cliniquement une « maladie », à mesure que des changements à long terme s’installent dans le cerveau.

Pourquoi certaines personnes deviennent-elles dépressives et d’autres non?

Bien que tout le monde souffre inévitablement à un moment ou à un autre, seule une partie de ces personnes développe un trouble de l’humeur durable. Certaines sont plus vulnérables sur le plan génétique, d’autres sur le plan environnemental. De la même façon que le système immunitaire lutte de toutes ses forces pour vaincre une infection, le cerveau lutte pour compenser les changements neurologiques causés par les pressions de la vie, mais il arrive qu’il cède.

Qu’est-ce qui cause la dépression?

La façon dont la dépression se manifeste et s’installe dans le cerveau est d’une grande complexité. Chez certaines personnes, lorsque la vie frappe fort, une hormone du stress appelée cortisol augmente, entraînant des changements neuronaux dans la structure du cerveau. Cela peut provoquer une baisse des neurotransmetteurs traditionnellement reconnus pour réguler l’humeur, le plaisir, la récompense et l’énergie : la sérotonine, la dopamine et la norépinéphrine.

Certaines personnes présentent, génétiquement, de faibles niveaux de base de ces neurotransmetteurs. Lorsque les épreuves de la vie surviennent, leurs neurotransmetteurs chutent à des niveaux anormalement bas, ce qui aboutit à la dépression. D’autres ont moins de « matière grise » dans le cerveau et manquent donc d’une partie de la signalisation nerveuse nécessaire pour que les neurotransmetteurs et les régions du cerveau communiquent correctement. D’autres encore ont plus de difficulté à générer de nouvelles cellules dans le cerveau.

Chacun de ces facteurs peut mener à la dépression. C’est une maladie comme les autres.

Les antidépresseurs sont-ils nocifs?

L’objectif des antidépresseurs est d’améliorer l’humeur et la qualité de vie, mais aussi de réduire le risque de suicide. Leur utilisation peut prévenir et inverser certains des changements permanents qui se produisent dans le cerveau en raison de la dépression. Les antidépresseurs augmentent les niveaux de ces neurotransmetteurs, soit en stimulant un récepteur impliqué dans leur libération, soit en bloquant une autre substance du cerveau responsable de leur dégradation.

Cependant, l’augmentation du niveau d’un neurotransmetteur entraîne souvent une réduction égale et opposée d’un autre neurotransmetteur, ce qui provoque fréquemment ce que l’on appelle communément les « effets secondaires ». De plus, les récepteurs qui doivent être stimulés pour améliorer l’humeur le font bel et bien lorsqu’ils sont stimulés dans le cerveau. Or, ces mêmes récepteurs de la sérotonine existent aussi dans le cœur, les poumons et l’intestin.

Cela entraîne souvent des effets secondaires comme des nausées, de la diarrhée ou de la constipation et des battements de cœur rapides au cours des 6 à 8 premières semaines de la plupart des traitements antidépresseurs, jusqu’à ce que l’organisme développe une tolérance. Même s’ils ne fonctionnent pas pour tout le monde, les antidépresseurs peuvent sauver la vie des personnes atteintes de dépression clinique.

Pourquoi tant de personnes ne répondent-elles pas à leurs antidépresseurs?

Les antidépresseurs ont ceci de particulier qu’après avoir été ingérés et absorbés dans l’estomac, ils sont métabolisés par le foie et doivent ensuite se rendre jusqu’au cerveau et se fixer à des récepteurs précis pour agir. C’est là que la génétique entre en jeu. Les antidépresseurs sont à la fois activés et éliminés par le foie. Chez certaines personnes, les enzymes hépatiques éliminent ces médicaments trop rapidement, d’où une absence de réponse.

Chez d’autres, ils les éliminent trop lentement, ce qui entraîne une accumulation et des effets indésirables. À cela s’ajoute le fait que nous avons tous des variations génétiques dans nos récepteurs cérébraux, qui influencent la façon dont nous répondons aux médicaments psychiatriques. Une variation peut signifier une excellente réponse à un médicament, tandis qu’une autre peut se traduire par une absence totale de réponse. Les essais et erreurs qu’implique ce défi peuvent être réduits en passant un test pharmacogénétique pour savoir comment vous répondrez à différents médicaments. L’étude de l’interaction entre les gènes et les médicaments s’appelle la pharmacogénétique.

À quoi s’attendre avec un antidépresseur?

Contrairement à bien d’autres médicaments, les antidépresseurs n’apportent pas d’amélioration immédiate. C’est parce qu’ils modifient à long terme les niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau ainsi que la signalisation cérébrale. Le cerveau a besoin de temps pour constituer des niveaux de neurotransmetteurs suffisants pour améliorer l’humeur. Au cours des 2 premières semaines, il est courant de constater une amélioration de l’appétit; à 4 semaines, possiblement un meilleur sommeil; mais le véritable effet se produit vers la 6e à 8e semaine, période pendant laquelle les effets secondaires comme les nausées, la constipation, la fatigue ou l’insomnie devraient aussi s’estomper progressivement.

Dois-je prendre des antidépresseurs pour toujours?

En général, lors d’un premier diagnostic de dépression, les antidépresseurs sont pris pendant au moins un an. S’il s’agit d’un deuxième ou d’un troisième épisode, les cliniciens recommandent 5 ans. Toutefois, le besoin d’un antidépresseur varie d’une personne à l’autre. Certaines auront besoin d’un traitement plus long que d’autres, tandis que d’autres se rétabliront rapidement. La dépression est une maladie du cerveau, comme toute autre maladie, et les taux de rémission varient.

Si vous vous sentez déprimé, il est essentiel d’en parler à votre médecin et d’en informer vos proches afin d’obtenir les soins dont vous avez besoin pour vous épanouir. La dépression est une maladie, pas une faiblesse, et nous sommes là pour vous accompagner à la suite de votre nouveau diagnostic.

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